L’addiction Tinder : quand la folie du swipe ne vous quitte plus !

Vous ne vous en êtes peut-être pas encore rendu compte, mais vous faites partie de cette catégorie de swipeurs en série ! Rencontrer l’amour ou un plan d’un soir ?

Bien que ce désir soit encore présent au plus profond de vous, ce n’est plus votre préoccupation première ! Cette application tant décriée par ceux qui ne l’ont jamais utilisé, vous, amoureux du match, ne là connaissez que trop bien.

L’addiction Tinder n’a rien de comparable aux autres. Elle est plus subtile, ne cause aucun dommage physique et se consomme de façon plus détachée que les réseaux sociaux. Toutefois, elle révèle sur nous pas mal d’éléments psychologiques que je vais tenter d’exposer dans cet article.

L’envie de voir de nouvelles têtes

Quelque part, si nous sommes sur Tinder, c’est que nous aspirons à découvrir denouvelles personnes. L’envie classique de rencontrer un(e) partenaire amoureux prédomine, mais pas seulement. Il est commun que certains utilisateurs cherchent des amis avec lesquels voyager ou échanger sur une passion commune.

Je ne vais pas inventer une statistique, mais selon moi, de nombreuses personnes inscrites sur Tinder ont tout simplement un entourage qui ne les stimule pas assez. Loin de vouloir critiquer les amis, collègues ou autres, ceux-ci ne peuvent pas toujours combler nos envies les plus profondes.

Si vous êtes un jeune trentenaire célibataire sans enfants, vous savez très bien ce que c’est d’être confronté aux amis qui ont une vie « rangée ». Ceux-ci sont moins disponibles et n’aspirent pas (encore) vraiment à un renouveau dans leur quotidien, contrairement à vous. Même si vous êtes en quête de stabilité amoureuse, vous cherchez des moyens de vous y amener.

L’éternel recommencement

Tinder, ça devient vite lassant ! En effet, hormis si vous êtes engagé dans une conversation prenante avec un match, cela se limite à faire défiler les profils. « Swipe gauche » quand vous n’aimez pas, « swipe droit » quand vous aimez.

En gros, Tinder consiste essentiellement en deux actions répétitives qui sont des mettre oui ou non selon que le profil vous plaît ou pas. Mais comme pour pas mal d’actions, cela nous distrait pendant quelques minutes. Cette envie de « swiper » nous revient à chaque fois lorsque nous cherchons à tuer le temps dans une journée.

Tinder fait un peu office de « Candy Crush » ! Sauf qu’ici, nous faisons défiler les profils avec l’espoir enfoui de trouver notre véritable « crush » d’un soir ou d’une vie. Cette raison explique que les plus en manque d’amour peuvent « swiper » bien plus longtemps et plus régulièrement.

C’est grâce à ces derniers que Tinder remplit son chiffre d’affaires en limitant la version gratuite. Celle-ci nous octroie le droit de « liker » un nombre de profil limité en 24 heures.

À l’image d’une drogue, les plus « en manque » auront besoin de leur dose de « swipes ». Vont-ils souscrire à l’offre payante uniquement pour combler ce besoin ?

Les personnes en manque de « swipes », non, mais celles en manque d’amour sont unecible privilégiée pour les patrons de Tinder. Cela, agrémenté de quelques fonctionnalités vous promettant plus de « matches », sont autant d’arguments pour convaincre les plusfragiles et sceptiques.

L’effet jeu vidéo

Une autre particularité de Tinder est que vous pouvez tout effacer et recommencer à tout moment. En gros, la suppression de l’application se fait en 2 clics. Votre profil ainsi que vos matches disparaissent. À l’instar d’un jeu vidéo, vous pouvez recommencer des dizaines de fois si cela vous chante.

Dans le jeu, cela semble logique de réessayer jusqu’à ce que l’on parvienne à exterminer ce fameux boss de fin. Nous pouvons cependant nous demander de l’utilité d’effacer son compte Tinder pour le réinstaller dans la foulée.

C’est d’ailleurs un phénomène suivi par pleins d’utilisateurs de l’application. À quoi bon me direz-vous ? En effet, pourquoi renouveler une action qui n’a pas connu le succès escompté ? Inconsciemment ou naïvement, pas mal d’utilisateurs (surtout les hommes) tentent de se rassurer en se mentant à eux-mêmes.

En recommençant, on se dit qu’on aura peut-être plus de matchs, car avant il y avait un bug ! Cette fille canon n’a peut-être pas vu votre profil ou vous n’avez probablement pas activé les bonnes options. Bref, je serais capable de vous citer 10 autres excuses qui s’apparentent plus à du « wishfull thinking ».

Il n’est pas toujours évident de voir la vérité en face.Toutefois, hormis un total remaniement de votre profil, votre taux de matches ne décollera pas. Tinder nous attribueun classement de désirabilité. Vous aurez beau réinstaller sans cesse l’application, cela ne changera, hélas, rien à votre cause.

Tinder révélateur du jugement en un clic

Tout comme moi, vous avez peut-être déjà laissé vos amis « swiper » avec votre profil Tinder. Preuve que vous êtes un utilisateur décomplexé (ou comptiez tout simplement supprimer l’appli ensuite), vous acceptez de ne plus être maître de vos « likes » à attribuer.

Hautement agacé par les gens qui critiquent Tinder sans jamais l’avoir utilisé, je trouve particulièrement intéressant d’observer les réactions de mes amis lorsqu’ils font défiler les profils. Sans généraliser leur comportement ou entrer dans les détails, j’ai observé un point commun chez chacun d’entre eux.

Quelques photos avec ou sans description leur suffisent à s’imaginer quel type de personne (et personnalité) se cache derrière un profil. Peu importe qu’ils aient raison ou pas, c’est cette image projetée qui détermine le « oui » ou « non » sur la personne. Ce n’est pas uniquement la beauté physique qui prime, mais bien ce qui se cache derrière elle, ce qu’elle raconte sur nous.

Pour les hommes, la beauté physique reste globalement le critère numéro un, mais les femmes, elles, sont plus sensibles à ce que l’homme dégage à travers sa photo. J’ai récemment vu une vidéo sur YouTube d’un garçon, plutôt beau gosse, qui mettait de belles photos de lui.

La nuance est que certaines étaient prises lorsqu’il était en t-shirt avec une bière à la main et d’autres en costard avec un verre de vin. Je vous laisse deviner lesquelles avaient le plus de succès…

Tout est faussé sur Tinder (comme Instagram finalement). Non seulement vous avez presque l’obligation d’être beau gosse pour bien « matcher », mais en plus, vous devez dégager énormément de valeur sociale.

Je sais que certaines femmes m’affirmeront le contraire pour se protéger, que la description compte aussi, etc. Or, en cherchant « l’amour » sur des applis de rencontres, nous appliquons des critères et des impressions qui ne reflètent que trop rarement la réalité.

En bref

L’addiction Tinder n’en est qu’une parmi tant d’autres ! Il en existe de meilleures et de bien plus néfastes comme la drogue ou l’alcool. Toutefois, elle met en lumière un élément crucial de notre société qui est l’hypocrisie. Plus précisément, je parlerai de mensonges !

Dans un monde de réseaux sociaux qui ne laisse que trop peu de place à la véritable personne que nous sommes, tout le monde joue un rôle. Au minima, il y a cette pression implicite d’enjoliver sa réalité. Dans l’espoir de tirer le plus de valeur possible, nous mentons aux autres, mais également à nous-même.

Les dés sont bien souvent pipés d’avance et d’innombrables utilisateurs s’en rendent compte lorsque la rencontre réelle a lieu. Heureusement que cette dernière a encore le pouvoir de ne pas biaiser et déséquilibrer injustement les rapports.

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